"De toute façon je suis nul en français" - ce que vous pouvez encore faire avant la rentrée

Vous connaissez peut-être cette phrase. Elle est sortie un soir de juin, entre le cartable posé en catastrophe et le dîner qui refroidissait.

"De toute façon je suis nul en français."

Pas dit avec colère. Juste dit. Comme un constat. Comme si votre enfant avait fini par le croire vraiment.

Et vous, vous n'avez pas su quoi répondre parce que vous saviez qu'il avait travaillé, qu'il avait passé deux heures sur cette rédaction et qu'il avait quand même eu 8. Et que non, vous n'aviez pas su lui expliquer non plus comment accorder ce participe passé.

Ce moment-là, je l'ai vécu des centaines de fois, de l'autre côté. Celui de la prof qui rend les copies, qui voit le regard qui se ferme, qui voudrait s'arrêter et tout réexpliquer depuis le début. Et qui n'en a pas le temps, parce qu'il y a vingt-huit autres élèves dans la salle.

Cet été, vous avez ce temps. Pas beaucoup. Mais assez.

Ce qui s'est passé cette année (et que personne ne vous a dit clairement)

Votre enfant n'a pas "du mal en français" parce qu'il est moins intelligent que les autres. Il a du mal parce que quelque chose n'a pas été compris, vraiment compris, à un moment donné. Et depuis, chaque nouvelle notion s'est posée sur une base qui n'était pas solide.

C'est silencieux, ce type de difficulté. L'élève suit. Il est là. Il fait ses devoirs. Il n'est pas en échec flagrant. Mais il ne comprend pas vraiment. Il recite, il recopie, il devine parfois juste et un jour il rend une copie avec 8/20 après deux heures de travail et il ne sait plus pourquoi il essaie.

C'est l'élève qu'on n'a pas eu le temps de voir. Celui qui ne lève pas la main parce qu'il ne sait même plus quelle question poser. Celui qui reste dans le flou depuis la 6e ou peut-être avant.

L'été ne va pas tout régler. Mais il peut changer quelque chose d'important.

Ce n'est pas en deux mois qu'on comble des années de lacunes. Ce serait vous mentir que de vous dire le contraire.

Mais l'été peut faire quelque chose que l'année scolaire ne permet presque jamais : donner à votre enfant le temps de comprendre.

Pas de contrôle dans trois jours. Pas de chapitre suivant qui arrive avant d'avoir digéré le précédent. Pas de vingt-huit autres élèves qui attendent. Juste lui, une règle et le temps de se demander "mais pourquoi ça marche comme ça ?"

Ce moment de compréhension tranquille, c'est celui qui laisse une trace. Pas la leçon apprise le soir pour le lendemain matin.

Concrètement : par où commencer ?

La première chose, c'est d'identifier un ou deux points qui posaient vraiment problème cette année. Pas tout le programme. Pas "il est faible en français en général". Un point précis.

Les accords dans le groupe nominal ? La conjugaison des temps du passé ? La différence entre les compléments ? Les bulletins et les copies de fin d'année sont vos meilleurs indicateurs.

Ensuite, l'objectif n'est pas de faire des pages et des pages d'exercices. C'est de faire peu, mais avec attention. Vingt minutes trois fois par semaine, sur un point ciblé, avec un support qui explique vraiment, pas qui fait juste faire.

La différence entre un exercice qui entretient et un exercice qui fait illusion, c'est simple : est-ce que votre enfant comprend pourquoi sa réponse est juste ou fausse ? Si la réponse est non, l'exercice n'a servi à rien.

Ce que vous pouvez faire, vous, sans être prof de français

Vous n'avez pas à tout réexpliquer vous-même. Ce n'est pas votre rôle et ce n'est pas ce dont il a besoin.

Ce que vous pouvez faire :

Créer le moment. Pas l'imposer, le rendre possible. Un moment calme, sans écran, sans pression de temps. Quinze minutes après le petit-déjeuner. Avant la plage. Peu importe mais un moment qui revient.

Poser des questions plutôt que donner les réponses. "Qui fait l'action dans cette phrase ?" "C'est un nom masculin ou féminin ?" Ces questions-là font travailler. Les réponses données directement, non.

Ne pas commenter la note de juin. L'été n'est pas le moment du bilan. C'est le moment du recommencement. Votre enfant a besoin de sentir qu'on repart de là où il en est, pas qu'on lui rappelle où il aurait dû être.

Valoriser ce qu'il comprend. "Tu vois, tu savais faire ça." Dit sérieusement, pas pour consoler mais parce que c'est vrai. Il sait des choses. Et en construire sur ce qui existe, c'est toujours plus efficace qu'essayer de tout reprendre depuis zéro.

Un mot pour les enfants qui entrent en 3e à la rentrée

La 3e, c'est l'année du brevet. Et le brevet de français évalue exactement ce que votre enfant a peut-être du mal à faire depuis des années : analyser une phrase, accorder correctement, comprendre comment fonctionne la langue.

Ce n'est pas une année pour combler tout ce qui manque. Mais c'est une année où des bases solides font une vraie différence sur la note, sur la confiance le jour J, sur la façon dont votre enfant se présente à l'épreuve.

L'été avant la 3e est l'un des moments les plus utiles pour retravailler ces bases. Pas en faisant le programme à l'avance. En s'assurant que ce qui devait être compris l'est vraiment.

Ce que j'ai créé, et pourquoi

Quand j'enseignais au collège, je voyais ces élèves-là chaque année. Ceux qui suivaient sans comprendre. Ceux qui ne levaient jamais la main. Ceux qui rentraient chez eux avec une copie rouge et une image d'eux-mêmes un peu plus abîmée.

J'aurais voulu m'arrêter. Tout réexpliquer depuis le début, autrement, avec des mots simples, sans le programme qui attend. Je n'avais pas le temps.

C'est pour ça que j'ai créé Les Bancs de l'École. Pour leur donner, enfin, ce que je n'avais pas eu le temps de leur donner en classe.

Les pochettes d'apprentissage sont conçues pour être utilisées de façon autonome, par l'élève seul, ou avec vous à côté. Les explications partent de ce que les élèves ne comprennent vraiment pas, pas du programme officiel, mais des vraies questions que j'ai entendues pendant sept ans derrière un bureau de prof.

Elles sont effaçables, réutilisables et progressives du début à la fin de collège.

Si votre enfant a besoin de reprendre les bases cet été, ces pochettes sont là pour lui.


Laura - ancienne professeure de français au collège, fondatrice de Les Bancs de l'École


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